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Merci à Quentin du blog L’inter[VIE]w pour ce super témoignage ! Dans cet article, Auriane, recruteuse V.I.E au sein du groupe Faurecia, délivre ses conseils pour décrocher ton V.I.E !

Logo du groupe Faurecia – Google Images

Q : Hello Auriane, avant de nous parler de ton rôle de recruteuse de VIE, parle-nous de toi.

A : J’ai 22 ans, je suis encore toute jeune (rires). J’ai un parcours assez général : j’ai fait l’ESSEC pendant 4 ans, j’ai été diplômé l’année dernière. J’ai fait le master International HR Management au CIFFOP, en alternance chez Faurecia.

Q : Travailler dans le secteur automobile était une volonté de ta part ?

A : Pas du tout (rires). Pour être honnête, j’ai été chassée grâce au réseau du CIFFOP, et Pauline Rouvez, ancienne Campus Manager, m’a parlé de Faurecia et du poste en question. L’offre me plaisait beaucoup et c’est ce qui m’a fait me décider. C’est un secteur où j’en apprends tous les jours. Ce n’est pas évident mais je ne regrette pas du tout.

Q : Tu es aujourd’hui Recruteuse/Coordinatrice VIE pour le Groupe Faurecia. J’imagine qu’il n’y a pas de journée type, mais quelles sont tes grandes missions ?

A : L’intitulé de mon poste exact est Recruteur International Programme VIE. Effectivement il n’y a pas de journée type mais on fait beaucoup de choses. On est 3 dans l’équipe VIE, et nos périmètres sont séparés par métier. En l’occurrence je m’occupe de toute la population ingénieurs : qualité, HSE, IT, R&D…, en somme, tous les ingénieurs que l’on peut trouver chez un équipementier automobile comme Faurecia.

Concrètement ma mission commence au moment de l’ouverture de poste. On commence par un brief avec les managers. Même s’il existe déjà une description de poste, ils ont des appétences particulières. Ce moment nous permet de mieux cibler ces compétences recherchées. Et surtout aussi, en tant que RH, nous n’avons pas de formation en ingénierie. Il est essentiel pour nous de mieux comprendre le poste et ses attendus, notamment techniquement. Pour vendre et parler d’un poste, il faut le connaître. Ensuite il y a toute la partie recrutement : posting des offres, chasse, entretiens, suivi de l’intégration. On reste aussi en soutien des managers si besoin. Ce n’est pas notre mission principale heureusement, mais s’il y a un petit souci pendant le VIE, on reste en back-up, pour pouvoir répondre à leur demande.

Nous avons aussi d’autres projets transverses, et notamment toute la partie communication : réseaux sociaux, création d’une communauté VIE, campus management…

Ce qui est très intéressant, c’est la chance de pouvoir travailler avec des managers du monde entier : mexicain, polonais, allemand… et les échanges sont complètement différents mais tellement riches ! Le fond du travail reste le même – les accompagner pour intégrer un VIE dans leurs équipes – mais la façon de communiquer n’est pas du tout la même.

“ Le programme VIE permet d’acquérir une expérience à l’étranger, dans un environnement international, sur laquelle on peut capitaliser pour la suite.
C’est une très belle carte à jouer ! « 

Auriane; recruteuse V.I.E

Q : Peux-tu nous rappeler brièvement en quoi consiste le programme VIE ?

A : Le VIE est un programme gouvernemental français. Aujourd’hui il n’existe qu’en France en tant que tel. L’idée du programme VIE est de partir en mission pour une durée déterminée, pour le compte d’une entreprise française, avec au moins une filière à l’étranger.

La particularité de ce contrat VIE est qu’il est tripartite : à la fois avec l’entreprise d’accueil, le candidat qui part et le Gouvernement français. Il est employé par Business France pour travailler à l’étranger. Chez Faurecia, nous faisons des contrats de mission 12 mois renouvelables pour 12 mois supplémentaires.

Une autre idée, au-delà de l’aspect contractuel, c’est l’investissement. Le VIE reste aussi un dispositif sécurisé et sécurisant. Les VIE restent bien encadrés. On investit sur sa carrière. C’est vraiment ça qu’il faut avoir en tête. Aujourd’hui c’est compliqué pour les jeunes diplômés d’arriver sur le marché du travail, encore plus dans le contexte actuel, l’expérience restant la première cause de refus. Le programme VIE permet d’acquérir une expérience de 2 ans à l’étranger, dans un environnement international, et c’est réellement quelque chose sur lequel on peut capitaliser pour la suite. On y développe des compétences forcément techniques, mais aussi des compétences comportementales en sortant de sa zone de confort. C’est une très belle carte à jouer !

Attention aussi, le VIE est un dispositif complètement différent du PVT (permis vacances-travail), du programme Erasmus ou encore du contrat d’expatriation. Chacun a ses particularités.

Q : Justement, en tant que recruteuse de VIE, que cherches-tu chez un candidat ? Comment évalues-tu son potentiel ?

Au niveau des mandatory légaux, il y en a 3 que l’on vérifie systématiquement : l’âge (entre 18 et 28 ans inclus) – la nationalité (ouvert à tout européen, avec au moins une nationalité européenne) – le droit au VIE (autorisé une seule fois au cours de sa vie). Ce n’est pas négociable, ce sont des obligations émanant du gouvernement.

Après, lié au candidat lui-même, il y a une chose sur laquelle nous restons intransigeant, c’est le niveau d’anglais. Il nous faut quelqu’un qui sache s’exprimer correctement en anglais, niveau B2 minimum ou équivalent. L’anglais reste la langue commune pour communiquer dans un grand groupe comme Faurecia. Les pays d’accueil sont non-francophones, tout comme les managers locaux. Nous regardons aussi les compétences techniques, liées au métier.

Concernant les soft skills, il existe 3 compétences que l’on essaie d’évaluer en entretien :

  • La flexibilité, l’adaptabilité : nous avons besoins de candidats flexibles. Le programme VIE c’est sortir de sa zone de confort. Quand on va en Allemagne, on ne va pas au bout du monde. Néanmoins, la culture est très différente entre la France et l’Allemagne. Et ça peut perturber des personnes pas encore prêtes. On ne s’adresse pas de la même manière à un Allemand, un Japonais ou à un Mexicain. On doit construire sa méthode de travail et de communication en fonction de ses interlocuteurs.

  • La maturité : sûrement la plus importante. Il faut être suffisamment mature pour accepter de sortir de sa zone de confort, se débrouiller seul dans un pays étranger avec une culture différente. Ce n’est pas un stage ou un semestre Erasmus. L’idée est de pouvoir laisser le VIE monter en compétences, tout en restant autonome. C’est une passerelle parfaite entre un stage/alternance et un futur CDI.

  • L’ouverture d’esprit : c’est une immersion à 100%, 24h/7. Même lorsqu’on finit le travail, on baigne dans la culture du pays en permanence, avec une langue, une culture et des façons de faire différentes. Visiter, tester, se mélanger aux équipes, aux locaux… s’ouvrir à cette nouvelle culture.

Les 3 se ressemblent et se complètent dans tous les cas. Si un candidat rassemble ces 3 qualités, il réussira déjà son VIE d’un point de vue personnel, il en sera satisfait. D’un point de vue professionnel, ça va être moteur pour monter en compétences et permettra de se faire connaître en interne et développer un certain réseau.

Q : On parle de la période de VIE. Mais qu’en est-il de l’après-VIE ?

A : C’est aussi très important comme étape. On améliore notre taux de rétention des VIE d’année en année. L’idée est de recruter des VIE à potentiel, avec une vision à 5 ans. Repérer des potentiels, les faire remonter et les accompagner tout au long de leur VIE et pour la suite. On ne peut pas malheureusement tous les recruter in fine mais ceux qui s’investissent pleinement sont prioritaires forcément. Il faut aussi penser du côté de Faurecia : on investit sur quelqu’un pendant 2 ans. C’est un investissement en termes de temps, de formation, de finances. Si le contexte le permet, alors cette période de VIE s’avère être parfaite pour basculer sur un CDI après.

Pendant leur période, on suit les VIE régulièrement dans l’année : on les évalue, on les accompagne, on fait des réunions avec les RH locaux et ceux des divisions pour présenter un potentiel. On leur demande aussi leurs volontés, leurs projets, leurs visions, afin d’essayer de s’aligner sur une carrière commune.

“ C’est l’opportunité la plus simple et sécurisée de partir à l’étranger pour travailler. Avec le contexte actuel, c’est une solution pour assurer 2 ans d’expérience pour sa carrière « 

Auriane, recruteuse V.I.E

Q : Aurais-tu un conseil aux hésitants ?

A : De le faire (rires) ! Sincèrement, de le faire parce que c’est l’opportunité la plus simple et sécurisée de partir à l’étranger pour travailler. Avec le contexte actuel, c’est une solution pour assurer 12 à 24 mois d’expérience pour leur carrière.

Si j’ai un conseil à donner, ce serait celui d’échanger avec des anciens VIE ou en poste actuellement. Ce sont les personnes les plus à même de partager leurs retours d’expériences, qui sont très riches. Je pense que c’est le meilleur moyen pour se renseigner. Il y aussi sur le site de Business France pour le côté légal et contractuel, ou le site mon-vie-via.businessfrance.fr pour se projeter sur certaines offres ou destinations.

C’est le moment le plus simple, en post-diplôme, de le faire plutôt que de s’expatrier à 40 ans. A part des attaches personnelles, nous n’avons souvent pas d’attaches matérielles.

Q : Toi qui connais maintenant l’envers du décor, as-tu envie de te lancer en tant que VIE ?

A : Fondamentalement oui je suis très intéressée par l’expérience VIE. J’ai déjà eu la chance de partir à l’étranger plusieurs fois et les fois où j’étais le plus heureuse dans ma vie étaient lorsque j’étais en expatriation. Je suis intéressée par le programme. Mais j’ai des attaches particulières avec l’Amérique du Nord, Etats-Unis ou Canada, pays que je connais très bien.

J’espère que d’ici la fin de mon alternance la situation évoluera pour un futur départ. Toutes les fois où je suis partie à l’étranger, c’était dans des cadres personnel ou scolaire mais je n’ai jamais travaillé dans une entreprise à l’étranger. Je suis sincèrement convaincu que c’est le meilleur moyen d’apprendre, et ce sont des souvenirs que l’on continuera à chérir toute l’année.

Q : Un fun fact à nous partager ? Une anecdote ?

A : Ce que nous aimons bien faire en entretien avec l’équipe, pour détendre l’atmosphère, on demande aux candidats leurs hobbies. En l’occurrence je me souviens de deux candidats : une m’a dit qu’elle adorait lire les rapports de police et rapport balistiques et un autre m’a dit qu’il était passionné par le café. C’est très anecdotique, ils m’ont marqué et je m’en souviendrais longtemps.

Nous rencontrons aussi beaucoup de VIE qui tombe amoureux du pays d’accueil… et des locaux aussi (rires) ! Je connais quelqu’un qui a failli ne pas partir en VIE à l’époque, mais qui est finalement partie. Elle s’est mariée avec un Américain rencontré pendant son VIE et est restée vivre aux Etats-Unis. Elle a maintenant la double nationalité. Elle n’imaginait pas ça en partant ! Ils travaillent tous les 2 chez Faurecia, et ont été mutés en France récemment. Happy ending !

Q : Merci beaucoup Auriane pour ton retour, ton point de vue sur le programme VIE et tes conseils.

Pour lire tous les témoignages de V.I.E et anciens V.I.E, rendez-vous sur le blog L’inter[VIE]w. Ils racontent leurs parcours, ce qui les à mener à faire un V.I.E et leurs ressentis sur le V.I.E.

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